Inventaire du lac d’Annecy

Les « plongeurs bio » continuent à réaliser l’inventaire de la flore et de la faune du lac d’Annecy

Au cours de la semaine  du 18 au 22 juillet 2022, la commission bio AURA a organisé des plongées d’inventaire ou relevés d’évaluation de la faune et de la flore du lac d’Annecy. Ces relevés ont permis de compléter les relevés faits de 2015 à 2021 ainsi que ceux effectués en 1981 par un ancien chercheur de l’INRA de Thonon-les-Bains, Jean Paul Dubois, permettant de comparer 40 ans d’évolution du lac d’Annecy.

Les plongeurs ont profité des locaux et des bateaux du club de plongée La Coulée Douce à Sevrier. Christian Perrière et Jacques Mermillod, président et vice-président de la Coulée Douce ont organisé les plongées qui se sont réparties tout autour du lac afin de mieux appréhender cet inventaire. Christian Bayle, responsable biologie au sein du club et du département, s’est occupé de la partie topo pour les plongeurs n’ayant pas assez de connaissances du milieu. Au total, 30 plongeurs ont participé à ce recensement biologique.

Tous les participants étaient originaires de la région Rhône Alpes Auvergne, de la Haute Savoie à la Loire, en passant par le Rhône et l’Isère, la Savoie et la Drôme. Toutes les plongées ont été faites dans la limite de 20 mètres de profondeur, afin de rester dans la zone du lac, dite euphotique, où l’on peut trouver des plantes ou des algues. Parmi les sites de plongée, les plongeurs ont notamment eu accès à la réserve du bout du lac, une autorisation qui nous a permis de confirmer la présence de nombreuses espèces malgré la « température de l’eau » un peu plus fraiche….

Si au cours de ces plongées, la présence des espèces répertoriées dans les années 1980 a été confirmée, la présence de nouvelles espèces a aussi été validée : la corbicule ou palourde asiatique est présente sur la majorité du lac, l’écrevisse du Pacifique ou californienne a vu son territoire s’agrandir et va actuellement d’une extrémité du lac à l’autre. 5 espèces de Characées, algues vertes, ont pu être répertoriées grâce à l’utilisation de loupe binoculaire et de microscope, ce qui a permis de les différencier.

Au niveau des espèces répertoriées, citons l’hippuris, le myriophylle, les potamots luisant, pectiné, crépu, perfolié et dense, les élodées du Canada et de Nuttal, le jonc, la naïade, l’utriculaire vulgaire, les nénuphars blanc et jaune pour les plantes à fleurs immergées, le brochet, la perche, l’ablette, la tanche, la brème, la carpe, la blennie, le chabot pour les poissons.

Au niveau des autres espèces, citons la moule zébrée, les écrevisses américaines et californiennes, l’éponge d’eau douce, des hydres d’eau douce, des bryozoaires (Fredericella et Cristatella), des anodontes des cygnes, des limnées (vecteur potentiel de la puce du canard), des sangsues et des poux du brochet. Bien sur, d’autres espèces sont présentes dans le lac d’Annecy, mais n’ont pas été observées lors de ces plongées.

Nous avons recherché la présence des 2 derniers « envahisseurs » du lac Léman : la moule Quagga et la crevette Hémimysis anomala. Nous n’avons fait aucune observation de ces deux espèces pendant notre semaine de plongée. La température de l’eau était de 25° à 26 ° dans les deux premiers mètres.

Les poissons ont donc « déserté » la zone entre 2 et 5 mètres pour descendre entre 5 à 10 mètres en  général. Les herbiers étaient également déjà bien recouverts par le « carbone extrait du CO2 par la photosynthèse » et commençaient donc leur régression annuelle.

Signalons une disparition presque totale de l’herbier vers le port de Menthon, sûrement dû à un glissement de terrain après une « petite secousse sismique » pendant le confinement. Toujours à Menthon mais près du Palace, l’herbier a également disparu vers l’embouchure du ruisseau, plutôt suite à un déversement « de désherbant » par les eaux de pluie…

Le lac d’Annecy reste en général bien « propre » et confirme ainsi son statut de lac « le moins pollué de France ».

Christian Bayle