Inventaire lac Annecy 2018

Les « plongeurs bio Rhône-alpins » continuent à réaliser l’inventaire de la flore et de la faune du lac d’Annecy

Au cours de la semaine  du 23 au 27 juillet 2018, les commissions Environnement et Biologie  du Comité Départemental Haute Savoie de la FFESSM et du comité AURA (Auvergne – Rhône Alpes) de cette même fédération, ont proposé des plongées d’inventaire ou relevés d’évaluation de la faune et de la flore du lac d’Annecy. Ces relevés ont permis de compléter les relevés faits en 2015, 2016 et 2017 ainsi que ceux effectués en 1981 par un ancien chercheur de l’INRA de Thonon-les-Bains, Jean Paul Dubois, permettant de comparer in fine 35 ans d’évolution du lac d’Annecy. D’ailleurs, l’INRA reste toujours occasionnellement impliqué et cette année Stéphan JACQUET était de la partie avec dans son sac de plongée un cadeau apprécié à sa juste valeur par les plongeurs bénévoles présents, le guide d’identification sous forme des plaquettes immergeables de la faune et flore subaquatiques visibles des grands lacs périalpins qu’il a fait éditer en 2018.

Les plongeurs ont profité des locaux et des bateaux du club de plongée La Coulée Douce à Sevrier. Secondés par Christian Perrière et Jacques Mermillod, président et vice-président de la Coulée Douce, 10 plongées ont été organisées et se sont réparties tout autour du lac afin de mieux appréhender cet inventaire. Au total, 32 plongeurs ont participé à ce recensement biologique.

Tous les participants étaient originaires de la région Rhône Alpes Auvergne, de la Haute Savoie, en passant par le Rhône et l’Isère. Toutes les plongées ont été faites dans la limite de 20 mètres de profondeur, afin de rester dans la zone du lac, dite euphotique, où l’on peut trouver des plantes ou des algues. Parmi les sites de plongée, les plongeurs ont notamment eu accès à la réserve du bout du lac, une chance….

Si au cours de ces plongées, la présence des espèces répertoriées dans les années 1980 a été confirmée, la présence de nouvelles espèces a aussi été validée : la corbicule ou palourde asiatique est présente sur la majorité du lac, l’écrevisse du Pacifique ou californienne a vu son territoire s’agrandir et va actuellement d’une extrémité du lac à l’autre. La Bithynie commune, mollusque d’eau douce a été trouvé avec sa ponte sur « une paire de lunette abandonnée ». 5 espèces de Characées, algues vertes, ont pu être répertoriées grâce à l’utilisation de loupe binoculaire et de microscope, ce qui a permis de les différencier.

Au niveau des espèces répertoriées, citons l’hippuris, le myriophylle, les potamots luisant, pectiné, crépu, perfolié et dense, les élodées du Canada et de Nuttal, le jonc, la naïade, l’utriculaire vulgaire, les nénuphars blanc et jaune pour les plantes à fleurs immergées, le brochet, la perche, l’ablette, la tanche, la brème, la carpe, la blennie, le chabot pour les poissons.

Au niveau des autres espèces, citons la moule zébrée, les écrevisses américaines et californiennes, l’éponge d’eau douce, des hydres d’eau douce, des bryozoaires (Fredericella et Cristatella), des anodontes des cygnes, des limnées (vecteur potentiel de la puce du canard), des sangsues et des poux du brochet. 

Pour faire l’inventaire l’outil BioObs ( http://bioobs.fr/) de la Commission Nationale Environnement et Biologie de la FFESSM a été utilisé, permettant de cartographier et comparer les relevés de 1980 et de 2015 à 2018 (http://bioobs.fr/bilan-des-observations/).

 BioObs est un outil mis à la disposition des plongeurs afin que ces derniers puissent identifier les espèces rencontrées au cours d’une plongée, constituer un relevé de leurs observations sur une ou plusieurs plongées, visualiser leur carnet de plongée naturaliste, contribuer à une démarche scientifique d’inventaire des espèces, connaître l’aire de répartition de chaque espèce, s’informer des espèces observables selon les différents sites. L’outil est un outil de sciences participatives et articule son fonctionnement avec le site de Doris, bénéficiant donc de la qualité des textes et photos de description des espèces. Chacune des observations est transmise au Muséum National d’Histoire Naturelle et alimente l’inventaire national des espèces.

Enfin, les plongeurs impliqués au cours de cette semaine ont eu la chance de profiter d’une conférence donnée par Patrice Bureau, plongeur et président de l’Association Longitude 181 qui a rappelé combien l’engagement quotidien de chacun d’entre nous est indispensable, qu’il est facile d’agir, et donc qu’il faut le faire. Cette conférence inédite était intitulée : « Requins, raies, cachalots….du désespoir au rêve… ». Une cinquantaine de personnes était présente et ont pu noter la démesure des actions entreprises pour notamment « exterminer » les requins alors qu’ils sont indispensables au bon fonctionnement de la chaîne alimentaire et au delà, de l’Océan lui même. En évoquant en contrepied les raies et les cachalots, la démonstration a été faite que chaque décision de protection porte inévitablement ses fruits en termes de sauvegarde et de restauration de la biodiversité. Encore faut-il les prendre avant qu’il ne soit trop tard !